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LUCY, PEAKS

"JUDAS AND THE WATCHTOWER" AMEL OMAR & SID DANKERS

"A HÂ-HÂ" LAURA DE JAEGER, CYRIAQUE VILLEMAUX, NIENKE FRANSEN

"MAYBE ON EARTH" SIBERT MISPELON & JULIEN JONAS






En ce printemps humide plusieurs invitations de Lucy, peaks.


En mai, je me rends dans une élégante maison, près de l’avenue Brugmann. Dans le jardin vert boisé, un grand chat gris, gonflé et aérosolé me fixe avec ses yeux jaunes. Une petite mare nous sépare. Son compagnon marron dort en boule dans les hautes herbes. Un peu plus loin, une table de jardin en fer forgé blanc rouillé se voit doté d’un verre grossissant. Est-ce elle qui a procédé à l'inventaire de la faune et de la flore que je trouve au dos du plan? Tout au fond du jardin, au pied d'un mur en brique élevé, me voilà avec mes talons enfoncés dans la boue. Je colle mon œil contre le petit trou d'une boite en plexiglas crémeux. J'entrevois le dessin d’une dame qui soulève sa robe, découvre ses jambes gonflées (rétention d’eau ?) et montre un pénis hermaphrodite. Je souris en m'attendant à ce genre de gaminerie de la part du représentant mâle de ce trio d'artistes. Et puis je me sens un peu binaire après cette piste hermaphrodite. Tout près, dans les fourrées, un petit bonhomme en bois peint me regarde d'ailleurs avec colère. L’ai-je dérangé et que fait-il derrière l’arbre? De prime abord, c’est-à-dire du côté face, on aurait dit une sculpture graphique avec deux cercles colorés, en hommage à John Baldessari, mais de l’autre côté c’est plutôt un dickhead avec une paire de boules rose bonbon intitulé "Hello, mister art professor". Comptes à régler? au ras des buissons?


Au mois de juin à nouveau une invitation de Lucy, peaks.

 

Cette fois-ci, dans un immeuble de construction récente, boulevard Léopold II à Molenbeek. Devant une grille, un attroupement de personnes jeunes vêtus de couleurs sombres. Après un temps d’attente, mon tour arrive et je prends place dans un ascenseur avec un guide à la casquette rouge Honda. Descente vers le sous-sol, ouverture des portes, odeur aqueuse et nauséabonde. Décidément l’eau s’accumule partout. Un tableau cage (ascenseur?), des murs en briques de ciment et des portes, beaucoup de portes. Certaines sont entrouvertes à dessin d’autres par erreur et je finis dans le local poubelle où j’examine chaque container pour voir s’il a fait l’objet d’une intervention artistique. Ce n’est pas le cas. Retour dans le couloir où au plafond une enceinte diffuse un bruit indéfini qui tranche avec le cliquetis précis des compteurs. Je longe des consoles étroites aux pieds en métal. Leur surface, à mi-hauteur, et recouverte d’une fine couche de poussière déplacée par des doigts touche-à-tout créant un effet pictural. Au sol, des cubes en plexiglas avec dans l'un, une maquette de cuisine avec un évier où l'on aimerait faire couler de l'eau. Un rappel que pour chaque unité d'habitation correspond une cave et sans doute un emplacement de parking. on passe d'un étage à l'autre. Beaucoup de carrés et de rectangles.

 

Lucy, peaks. Quelque chose avec les (sous)sols, les (fonds) de jardin et de couloirs. Jeu de piste, escape room et des trous pour orienter notre regard. Souvenirs de ce studio au boulevard Clovis avec une installation télescopique suspendue et un judas pour regarder dans...un couloir. Verre agrandissant, yeux jaunes, cercles colorés, petit trou noir, grands ballons en plastique irisés, serrures de portes.


J’attends la prochaine invitation.



Roshan Di Puppo





















In this wet spring, several invitations from Lucy, peaks.


In May, I visit an elegant house near Avenue Brugmann. In the green wooded garden, a large grey cat, inflated and aerosolised, stares at me with its yellow eyes. A small pond separates us. His brown companion sleeps in a ball in the tall grass. A little further on, a rusty white iron garden table is fitted with a magnifying glass. Was it she who made the inventory of the flora and fauna that I find on the back of the map? At the far end of the garden, at the foot of a high brick wall, here I am, my heels sinking into the mud. I press my eye against the small hole in a creamy Plexiglas box. I catch a glimpse of a lady lifting her dress, revealing her swollen legs (water retention?) and showing a hermaphroditic penis. I smile, expecting this kind of naughtiness from the male representative of this trio of artists. And then I feel a bit binary after this hermaphroditic track. Nearby, in the bushes, a little painted wooden man is looking at me with anger. Have I disturbed him and what is he doing behind the tree? At first glance, on the front side, he looks like a graphic sculpture with two coloured John Baldessari's circles but on the other side it's more like a dickhead with a pair of candy-pink balls entitled "Hello, mister art professor". A score to settle? in the bushes?


In June, Lucy, peaks invites me again.


This time, in a recently-built building on Boulevard Léopold II in Molenbeek. In front of a gate, a crowd of young people dressed in dark colours. After waiting a while, my turn arrives and I take my place in a lift with a guide in a red Honda cap. Down to the basement, the doors open, the smell of sewage. Water is definitely accumulating everywhere. A panel cage (lift?), cement brick walls and doors, lots of doors. Some are opened by design, others by mistake, and I end up in the rubbish bin where I examine each container to see if it has been the subject of an artistic intervention. It's not the case. Back in the corridor, a loudspeaker on the ceiling emits an indefinite noise that contrasts with the precise clicking of the meters. I walk past some narrow consoles with metal legs. Their surface, halfway up, is covered with a fine layer of dust, moved by unstoppable fingers, creating a pictorial effect. On the floor are Plexiglas cubes, one of which contains a model kitchen with a sink where you'd like to run water. A reminder that each dwelling unit has its own cellar and probably a parking space. Lots of squares and rectangles.


Lucy, peaks. Something to do with (under) ground, ( back) garden and corridors. Treasure hunts, escape rooms and holes to direct our gaze. Memories of this studio on Boulevard Clovis with a suspended telescopic installation and a peephole to look into... a corridor. Magnifying glass, yellow eyes, coloured circles, a small black hole, large iridescent plastic balloons, door locks.


I'm waiting for the next invitation.



Roshan Di Puppo



Restraining Order

RESTRAINING ORDER KJERSTI G.ANDVIG JURGEN OTS MICHAEL VAN DEN ABEELE PIA POLESE JEAN-SAMUEL N'SENGI MANNEKEN PIS BRUSSELS, JUNE THE 15th English text L'invitation indiquait « 13H SHARP ». À 12h50, les

and amputate myself from every function

AND AMPUTATE MYSELF FROM EVERY FUNCTION MICHAEL VAN DEN ABEELE KIN BRUSSELS, APRIL 24th - JUNE 11th I was hungry. It had been a long day in different parts of the city. The question was whether I woul

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